Les
stages visés par la loi du 31 mars 2006 doivent faire lobjet
dune convention de stage conclue entre le stagiaire, lentreprise
daccueil et létablissement denseignement.
Aucune
convention de stage ne peut être conclue pour remplacer
un salarié en cas dabsence, de suspension de son
contrat de travail ou de licenciement, pour exécuter
une tâche régulière correspondant à
un poste de travail permanent, pour faire face à un accroissement
temporaire de lactivité de lentreprise, pour
occuper un emploi saisonnier. Il ne peut donc être fait
appel à un stagiaire, même sous couvert dune
convention de stage, pour remplacer un salarié.
Les
établissements denseignement préparant à
un diplôme de lenseignement supérieur dont les
étudiants accomplissent les stages en entreprise prévus
par la loi du 31 mars 2006 doivent élaborer, en concertation
avec les entreprises intéressées, des conventions
de stage sur la base dune convention type. Ces conventions
types sont approuvées par les autorités compétentes
des établissements et sont rendues publiques. Cette publicité
peut intervenir par voie électronique sur le site Internet
des établissements.
Les
conventions types précisent les clauses que doivent impérativement
comporter les conventions de stage au nombre desquelles doivent
figurer les 11 clauses suivantes, telles que définies par
le décret n°2006-1093 du 29 août 2006 : 1° - La définition des activités confiées
au stagiaire en fonction des objectifs de formation ; 2° - Les dates de début et de fin du stage ; 3° - La durée hebdomadaire maximale de présence
du stagiaire dans lentreprise. La présence, le cas
échéant, du stagiaire dans lentreprise la nuit,
le dimanche ou un jour férié doit être indiquée
; 4° - Le montant de la gratification versée au
stagiaire et les modalités de son versement (voir précisions
ci-dessous) ; 5° - La liste des avantages offerts, le cas échéant,
par lentreprise au stagiaire, notamment en ce qui concerne
sa restauration, son hébergement ou le remboursement des
frais quil a engagés pour effectuer son stage ; 6° - Le régime de protection sociale dont bénéficie
le stagiaire, y compris la protection en cas daccident du
travail dans le respect de larticle
L. 412-8 du code de la sécurité sociale ainsi
que, le cas échéant, lobligation faite au stagiaire
de justifier dune assurance couvrant sa responsabilité
civile ; 7° - Les conditions dans lesquelles les responsables
du stage, lun représentant létablissement,
lautre lentreprise, assurent lencadrement du stagiaire
; 8° - Les conditions de délivrance dune «
attestation de stage » et, le cas échéant, les
modalités de validation du stage pour lobtention du
diplôme préparé ; 9° - Les modalités de suspension et de résiliation
du stage ; 10° - Les conditions dans lesquelles le stagiaire est
autorisé à sabsenter, notamment dans le cadre
dobligations attestées par létablissement
denseignement ; 11° - Les clauses du règlement intérieur
de lentreprise applicables au stagiaire, lorsquil existe.
En
labsence de convention type, les conventions de stage
doivent en tout état de cause comporter les 11 clauses
énumérées ci-dessus.
La
convention de stage est signée par :
- le représentant de létablissement dans lequel
est inscrit le stagiaire. Il mentionne sa qualité, le nom
et ladresse de cet établissement ;
- le représentant de lentreprise, qui mentionne sa
qualité, le nom et ladresse de lentreprise ;
- le stagiaire, qui mentionne son adresse et lintitulé
complet de son cursus ou de sa formation ; si le stagiaire est mineur,
la convention est également signée par son représentant
légal.
Lentreprise
doit établir et tenir à jour la liste des conventions
de stage quelle a conclues.
Le
statut
du stagiaire dans lentreprise
Le
stagiaire nest pas lié par un contrat de travail à
lentreprise qui laccueille et na pas le statut
de salarié. Son passage en entreprise na quun
but pédagogique et de formation : même sil peut
être tenu dexécuter des tâches à
caractère professionnel, il est dans lentreprise pour
apprendre et/ou observer et na donc pas dobligation
de production comme les salariés. Ainsi, comme le précise
la Charte des stages étudiants en entreprise : « La
finalité du stage sinscrit dans un projet pédagogique
et na de sens que par rapport à ce projet. Dès
lors le stage :
- permet la mise en pratique des connaissances en milieu professionnel
;
- facilite le passage du monde de lenseignement supérieur
à celui de lentreprise ».
Tout
stagiaire est tenu de se conformer aux règles internes
de lentreprise : horaires, discipline, règles de
sécurité, dhygiène et ce afin
de maintenir le bon fonctionnement des services. Si lentreprise
est dotée dun règlement intérieur
(ce qui doit être le cas des entreprises comptant au moins
20 salariés), la convention de stage doit préciser
les clauses de ce règlement qui sont applicables au stagiaire.
Dans
un souci defficacité, tout stage doit faire lobjet
dun double encadrement par :
- un enseignant de létablissement ;
- un membre de lentreprise.
Lenseignant
et le membre de lentreprise travaillent en collaboration,
sont informés et sinforment de létat davancement
du stage et des difficultés éventuelles. Létablissement
denseignement et lentreprise doivent leur permettre
de disposer du temps nécessaire à leur mission dencadrement.
Le responsable du stage au sein de létablissement denseignement
est le garant de larticulation entre les finalités
du cursus de formation et celles du stage.
Les
obligations respectives de chaque partie à la convention
(le stagiaire, lentreprise daccueil, létablissement
denseignement supérieur) sont précisées
par la « Charte
des stages » , à laquelle on se reportera.
La
gratification du stagiaire
Lorsque
la durée du stage est supérieure à trois mois
consécutifs, le stagiaire perçoit une gratification
(versement dune somme dargent) dont le montant peut
être fixé par convention de branche ou par accord professionnel
étendu. A défaut, le montant horaire de cette gratification
est fixé à 12,5 % du plafond horaire de la sécurité
sociale (plafond horaire égal, pour 2008, à 21 €)
; cette disposition est applicable aux conventions de stage conclues
à compter du 2 février 2008, date dentrée
en vigueur du décret n° 2008-96 du 31 janvier 2008 cité
en référence. Ainsi, par exemple, pour un mois complet
à 35 heures hebdomadaires, la gratification sera égale
à 398,13 euros.
La
durée de stage permettant de déterminer le droit du
stagiaire à cette gratification sapprécie compte
tenu de la convention de stage et des éventuels avenants
qui ont pour effet de prolonger le stage.
Lorsquelle
est due, la gratification de stage :
- est versée mensuellement au stagiaire ;
- est due au stagiaire à compter du premier jour du premier
mois de stage.
En
cas de suspension ou de résiliation de la convention de stage,
le montant de la gratification due au stagiaire est proratisé
en fonction de la durée de stage effectuée.
La
gratification est due au stagiaire sans préjudice du
remboursement des frais engagés pour effectuer le stage
et des avantages offerts, le cas échéant, pour
la restauration, lhébergement et le transport.
Cette
gratification na pas le caractère dun salaire.
Pour
les stages dont la durée est au plus égal à
trois mois, le versement dune gratification est facultatif
et relève de la « négociation » entre
le stagiaire et lentreprise qui laccueille.
Les
cotisations sociales
Aucune
cotisation et contribution de sécurité sociale nest
due, ni par lentreprise daccueil, ni par le stagiaire
lorsque les sommes versées par lemployeur (gratification)
restent inférieures ou égales à 12,5 % du plafond
horaire de la sécurité sociale (21 € pour lannée
2008), cest-à-dire 398,13 € par mois en 2008 pour
une durée de présence dans lentreprise égale
à la durée légale du travail (35 heures). Ce
plafond est réduit à proportion en cas de stage à
« temps partiel ». Par exemple : la gratification versée
à un stagiaire présent 90 heures par mois dans lentreprise
(cest-à-dire léquivalent de 3 jours sur
5) sera exonérée de cotisations et contributions sociales
à hauteur de 236,25 € (montant de la franchise pour
une durée de présence égale à la durée
légale du travail x nombre dheures de présence
par mois / durée légale du travail, soit 398,13 x
90/151,67).
Sont concernées par cette mesure les cotisations de sécurité
sociale (maladie, maternité, invalidité, vieillesse,
allocations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles),
la CSG et la CRDS, la contribution solidarité autonomie (CSA),
la cotisation FNAL et le versement transport.
Si
lemployeur verse au stagiaire une gratification supérieure
au seuil dassujettissement, les cotisations et contributions
de sécurité sociale sont calculées sur la différence
entre le montant perçu et ce plafond. Par exemple : en 2008,
pour un stagiaire dont la durée de présence est égale
à la durée légale du travail et qui perçoit
une gratification mensuelle égale à 500 €, les
cotisations seront calculées sur : 500 - 398,13 = 101,87
€.
En tout état de cause, les cotisations dues au titre de lassurance-chômage
et des régimes de retraite complémentaire légalement
obligatoires ne sont pas dues. Cest au moment de la signature
de la convention de stage que lon apprécie si le seuil
est atteint ou non, compte tenu de la gratification, des avantages
en nature et en espèces et du temps de présence mensuel
prévu au cours du stage.
Tous
les stages sont soumis aux mêmes règles, quils
soient ou non obligatoires. La
circulaire n°DSS/5B/2007/236 du 14 juin 2007 relative
à la protection sociale du stagiaire précise les
modalités dapplication de la franchise, et notamment
son application aux stagiaires étrangers en France et
aux stagiaires français à létranger,
ainsi que les droits sociaux (prestations en nature, indemnités
journalières ) le cas échéant ouverts
aux stagiaires en fonction de leur situation.
Ce
nouveau dispositif est en vigueur depuis le 1er juillet 2006. Pour
rappel, si le stage avait débuté avant cette date,
ces nouvelles dispositions se sont appliquées aux gratifications
versées pour la période qui va du 1er juillet 2006
jusquà la fin du stage, et ce quelle quait été
la date de signature de la convention de stage.
Sagissant
de la protection contre les accidents du travail et les maladies
professionnelles applicable aux étudiants ou élèves
des établissements denseignement mentionnés
aux a
et b de larticle L. 412-8 du code de la Sécurité
sociale, qui effectuent un stage en entreprise, la réglementation
opère une distinction selon le montant de la gratification
versée par lentreprise au stagiaire :
- si le stagiaire perçoit une gratification égale
ou inférieure au seuil de franchise de cotisations indiqué
ci-dessus, les obligations de lemployeur incombent à
létablissement denseignement signataire de la
convention tripartite (convention liant le stagiaire, létablissement
denseignement et lentreprise daccueil). Pour les
élèves et étudiants des établissements
publics relevant du ministère chargé de léducation
nationale, le versement des cotisations incombe au recteur.
Toutefois, lorsque laccident survient par le fait ou à
loccasion du stage en entreprise, lobligation de déclaration
de laccident du travail instituée par larticle
L. 441-2 du code de la Sécurité sociale incombe
à lentreprise dans lequel est effectué le stage.
Lentreprise doit alors adresser sans délai à
létablissement denseignement dont relève
lélève ou létudiant copie de la
déclaration daccident du travail envoyée à
la CPAM compétente ;
- si le stagiaire perçoit une gratification supérieure
au seuil de franchise de cotisations visé ci-dessus, les
obligations de lemployeur incombent à lentreprise
signataire de la convention tripartite. Dans ce cas, lassiette
servant de base au calcul des cotisations est égale à
la différence entre la gratification versée au stagiaire
et le montant de la fraction de gratification exonérée.
Toutefois, lorsque laccident survient du fait ou à
loccasion de lenseignement ou de la formation dispensés
par létablissement dont relève lélève
ou létudiant, lobligation de déclaration
incombe à létablissement qui doit adresser,
sans délai, à lentreprise signataire de la convention
tripartite une copie de la déclaration daccident envoyée
à la caisse dassurance maladie compétente.
La
durée maximale dun stage en entreprise
Les
stages visés par la loi du 31 mars 2006, à lexception
de ceux qui sont intégrés à un cursus pédagogique,
ont une durée initiale ou cumulée, en cas de renouvellement,
qui ne peut excéder six mois